Le 11 juillet 2025 à 18 h, à l’Hôtel de Métropole de Montpellier, nous avons débattu face à Mathieu Lafourcade, du LIRMM et de l’Université de Montpellier, devant le Journal Club IA des Halles de l’IA, autour d’une question qui agitait alors les salles de réunion : en déléguant à l’IA, perdons-nous des capacités ?
Une étude du MIT venait de mettre un mot sur cette inquiétude, la « dette cognitive ». Elle a été abondamment citée et beaucoup moins lue. Ses conclusions portent sur un protocole précis, un effectif restreint et une tâche unique, ce qui n’autorise pas grand-chose comme généralisation. Le débat portait donc autant sur ce que l’étude montre que sur l’usage qui en a été fait.
Notre position tenait en une distinction. Un salarié qui demande une réponse et la recopie n’apprend rien, c’est entendu. Un salarié qui demande trois approches, les compare et argumente son choix travaille davantage sa réflexion qu’avec un moteur de recherche. Le même outil produit les deux comportements, et ce qui les sépare relève de la consigne donnée par l’entreprise, pas de la technologie.
C’est pour cette raison que nos formations passent du temps sur la vérification et sur la contradiction, et non sur le catalogue des fonctionnalités. Un dirigeant qui déploie l’IA sans dire à quoi elle sert et où s’arrête la confiance qu’on peut lui accorder installe le premier comportement par défaut.
Merci à Mathieu Lafourcade pour un désaccord tenu sans caricature de part et d’autre.